DESTINATION

HISTOIRE ET

TOPONYMIE DE LA RÉGION

Palma est la capitale de l’île de Majorque et de la communauté autonome des Îles Baléares. Avec un peu plus de 440 000 habitants, il s’agit de la huitième ville d’Espagne en termes de population.

Cette ville a été fondée sous le nom de Palma, qui pourrait faire référence aux « palmes de la victoire », un terme adopté l’an 123 av. J.-C par le consul Quintus Caecilius Metellus. On estime que la population se serait vraisemblablement installée sur d’anciennes ruines romaines qui sont enfouies sous le centre historique.

À l’époque musulmane, la ville fut rebaptisée sous le nom de « Medina Mayurca », avant de devenir « Ciutat de Mallorca » (Ville de Majorque) après la conquête en 1229 par le roi Jacques Ier d’Aragon, qui en fit la capitale du royaume de Majorque. De nos jours, les habitants appellent leur ville par deux noms : Palma (récupéré en 1715) et Ciutat.

À l’issue de la conquête en 1229 et jusqu’à l’époque contemporaine, la ville traversa plusieurs périodes marquées par des événements historiques, tels que la rébellion des Germanies, les invasions des pirates turcs et maghrébins ou la défaite de la couronne d’Aragon, dont la ville faisait partie.

À partir du XIXe siècle, Palma connut un nouvel essor en tant que ville côtière grâce à l’expansion des lignes maritimes, un fait qui favorisa également l’arrivée de voyageurs. Le premier guide touristique de Palma parut en 1845.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, Palma connut un essor touristique à l’échelle internationale, ce qui entraîna un profond changement de la physionomie de la ville, qui s’adapta jusqu’à devenir le centre économique, culturel et social que l’on connaît aujourd’hui.

Pourquoi Som Ars Magna ?

« Ars Magna Generalis » et « Llibre d’Evast e d’Aloma e de Blaquerna son fill » sont deux œuvres majeures du philosophe, théologien et écrivain majorquin Ramon Llull (1233-1316), une des figures-clés de la culture occidentale.
L’hôtel Som Ars Magna, situé dans la rue Blanquerna, rend hommage à cet illustre écrivain originaire de Palma, et à l’une de ses principales œuvres, considérée comme un ouvrage de référence de l’ingénierie et l'intelligence artificielle, paru en 1315 et sans doute le premier essai d’utilisation de moyens logiques pour produire de la connaissance.
Llull fut un homme en avance sur son temps qui écrivait et parlait couramment le catalan, le latin et l’arabe ; il respectait d’ailleurs profondément la culture arabe. Llull utilisait indistinctement ces langues pour s’adresser à ses interlocuteurs selon le lieu d’origine de ceux-ci, et adaptait ses discours et ses œuvres à son audience. En tant qu’évangélisateur, il préconisa toujours la conversion des fidèles par la voie de l’amour sans aucun type de coercition ou de violence.

ITINÉRAIRES SUR LES PAS DE RAMON LLULL

Plusieurs itinéraires s’offrent au visiteur intéressé par la figure de Ramon Llull, aussi bien dans le centre-ville qu’en périphérie de la ville ou dans le village voisin d’Algaida, qui permettent de découvrir des endroits liés à la vie et à l’œuvre de Ramon Llull, comme par exemple la maison dans laquelle il vécut, la chapelle où repose sa dépouille et d’autres lieux en rapport avec sa vie, sa légende et son legs.

Itinéraire 1 : Palma urbaine

Cet itinéraire démarre devant l’église de Santa Margalida, dans laquelle la légende veut que Llull ait entendu le sermon sur la vie de Saint François qui le motiva à changer de vie. À deux pas de là, on peut visiter l’église San Miguel, qui accueille plusieurs images qui relatent des épisodes de sa vie. En avançant dans la rue Sant Miquel, le visiteur arrivera sur la Plaza Mayor, la Grand-Place, où, en tournant à gauche, il pourra voir la plaque commémorative sur la maison natale de Llull d’après la tradition.

Non loin de la Plaza Mayor, on trouve l’église Santa Eulàlia, dans laquelle selon la légende Ramon Llull aurait pénétré à cheval alors qu’il poursuivait une jeune fille qu’il courtisait. En continuant dans la rue Convent de Sant Francesc, on accède à la place San Francisco, où l’on peut voir la tombe de Llull.

On trouve également aux alentours de la Cathédrale d’autres endroits en rapport avec le philosophe majorquin, comme l’Estudi General Lul·lià, un centre créé en 1483 pour étudier l’œuvre de Llull, le musée de Majorque, qui conserve la plus ancienne image de Llull, la Societat Arqueològica Lul·liana (société archéologique dédiée à Llull), qui possède certains manuscrits, ou encore la bibliothèque Bartomeu March, qui recense la plus importante bibliographie de Llull à l’heure actuelle, en plus de conserver les manuscrits et les ouvrages de la bibliothèque « Maioricensis Schola Lullistica », une organisation créée par des chercheurs de l’œuvre de Llull du monde entier.

Itinéraire 2 : Palma, Valldemossa et Algaida.

Le legs de Ramon Llull possède une forte composante spirituelle, que le visiteur pourra découvrir en visitant les lieux dans lesquels le philosophe créa une partie de son œuvre. Il s’agit à cette occasion de plusieurs endroits situés en périphérie de Palma ou dans les villages voisins de Valldemossa et Algaida.

Nous pouvons tout d’abord visiter le Monastère de La Real, à El Secar de la Real, un quartier situé en périphérie de la capitale de Majorque dans lequel Llull réalisa une bonne partie de ses études et écrivit ses premières œuvres.

Dans la commune de Valldemossa, sur la route qui relie cette localité et Deià, on peut trouver Miramar, où Ramon Llull fonda en 1276 un centre d’études pour missionnaires, qui ferma ses portes quelques années plus tard. D’après la légende, près de là se trouverait aussi la grotte dans laquelle Ramon Llull se recueillait pour méditer et prier.

Pour clore en beauté cet itinéraire, ne manquez pas de voir la colline El Puig de Randa, dans la commune d’Algaida, où la famille du philosophe possédait quelques propriétés, et aussi le lieu choisi par Llull pour s’adonner à la vie contemplative et où il aurait eu d’après la légende certaines révélations.

On trouve aux alentours de cette colline d’autres endroits liés à la vie de Llull, comme la chapelle Gràcia, fondée au XVe siècle par les Franciscains observants, la chapelle Sant Honorat, érigée en 1394, ou encore, au sommet de la colline, le sanctuaire de Cura, qui accueille la grotte que d’après la légende Llull choisit pour demeure.

SITES D’INTÉRÊT

1. Cathédrale de Palma

Populairement baptisée La Seu, cette cathédrale est située sur les rives de la baie de Palma, à côté du parc Parque del Mar. La construction de cette cathédrale de style gothique levantin, qui possède une des plus grandes rosaces au monde, commença au XIIIe siècle. Elle possède également une des plus hautes nefs d’Europe.

Au début du XXe siècle, l’architecte Antoni Gaudí adapta l’espace aux nouvelles exigences liturgiques et pastorales. Au début du XXIe siècle, l’artiste majorquin Miquel Barceló créa la peinture murale représentant des pains et des poissons pour décorer la Chapelle du Santísimo. La Seu réunit ainsi les neuf derniers siècles de l’Histoire de Majorque et reste un élément vivant en évolution constante.

5. Fondation Pilar i Joan Miró

La fondation Pilar i Joan Miró, depuis septembre 2017 Miró Mallorca Fundació, est une fondation culturelle créée à la demande du peintre catalan Joan Miró et de son épouse Pilar afin de doter la ville d’un centre culturel et artistique. Ses fonds comprennent une importante collection composée de près de 6 000 œuvres de l’artiste, parmi lesquelles des peintures, des sculptures, des dessins, des ébauches et d’autres documents.

Ce centre est situé à côté de Son Abrines, qui fut la résidence privée de Miró à Palma à partir de 1956, et comprend un premier atelier, Son Boter, aménagé dans une maison traditionnelle, et un deuxième atelier plus grand entièrement construit par l’architecte Josep Lluis Sert, un ami intime du peintre.

En 1992, le nouveau bâtiment Moneo fut ajouté, un ouvrage de l’architecte Rafael Moneo conçu pour accueillir les services administratifs et présenter de manière rotative le legs de l’artiste. Cette fondation organise également des expositions temporaires avant-gardistes.

2. Château de Bellver

Le Castell de Bellver, le seul château médiéval de plan circulaire d’Espagne et le premier en Europe, est situé à 3 km de la ville de Palma et à 112,6 mètres au-dessus du niveau de la mer, surplombant la baie et une bonne partie de l’île de Majorque.

Ce château fut construit entre 1300 et 1311 sur ordre direct du Roi Jacques II de Majorque. Il possède un plan très précis et original. Il se compose d’un bâtiment de style gothique parfaitement circulaire, organisé autour d’une cour centrale, également circulaire, flanquée de quatre grandes tours orientées vers les quatre points cardinaux. La Grande Tour, également baptisée Tour de l’hommage, orientée vers le nord, est détachée de l’ensemble, tandis que les trois autres tours sont encastrées dans le corps principal.

Le château de Bellver accueille également le musée de l’Histoire de la Ville, qui propose un parcours à travers l’évolution de Palma, des sites talayotiques jusqu’au XXe siècle, en passant par la conquête romaine l’an 123 av. J.-C et la fondation de l’actuelle ville, la période musulmane à partir de 903, la conquête catalane en 1229, l’établissement du Royaume de Majorque (1276-1349), la construction des remparts de Palma sous la Renaissance et leur démolition en 1903.

3. L’Almudaina et s’Hort del Rei

Le palais royal de l’Almudaina, qui représentait le siège du pouvoir sur l’île probablement depuis l’époque romaine, se dresse à côté de la cathédrale de Palma.  Ce palais fut érigé au début du XIVe siècle, entre 1305 et 1314, pour Jacques II, et devint le siège de la cour des rois de Majorque dans la première moitié de ce siècle.

Siège de l’Audience à partir de Philippe II, résidence du vice-roi et du capitaine général, et centre administratif du Patrimoine royal de l’île, l’Almudaina est actuellement la résidence officielle de Sa Majesté le Roi lors de ses séjours à Majorque. On peut citer dans cet ensemble la Chapelle royale de Santa Ana, le grand salon ou Tinell (divisé en deux niveaux dès le XVIe siècle pour y accueillir l’audience) et le Palau del Rei (le palais du Roi). Ce palais a subi d’importantes rénovations dirigées par l’architecte Bennazar au début du XXe siècle, ainsi que d’autres rénovations dans les années 60, 70 et 80.

S’Hort del Rei fut un jardin médiéval situé à l’extérieur de l’Almudaina qui disparut lors de la construction de nouveaux bâtiments au XIXe siècle. Au début du XIVe siècle, sous le règne du roi Jacques II de Majorque, ce jardin connut une époque de splendeur et accueillait des arbres fruitiers, des fleurs et des légumes, ainsi que certaines espèces d’animaux, comme par exemple des lapins. Dans les années 1960, dans le cadre de la récupération des alentours du château de l’Almudaina, les constructions existantes furent démolies pour construire à leur place de nouveaux jardins dans un style historiciste, projetés par l’architecte majorquin Gabriel Alomar. Cet architecte maria des éléments traditionnels des jardins de Majorque, comme la pergola, et d’autres inspirés de l’Al-Andalus, comme les bassins, dotés de jets évoquant le Généralife.

4. Itinéraire moderniste

Le modernisme fut un phénomène de rénovation culturelle et artistique, relayé internationalement, qui marqua la période de transition entre le XIXe et le XXe siècle, au cours de laquelle le courant de l’Art nouveau, d’influence française et belge, dans lequel les formes ondoyantes et florales alternaient avec d’autres formes plus droites avec une tendance claire vers la géométrisation.

À Majorque, de l’avis de certains historiens, le modernisme fut avant tout une mode, promue en particulier par l’église. L’évêque Campins contacta Gaudí en 1904 pour lui confier la direction des travaux de rénovation de la Cathédrale de Majorque. Sans la présence de Gaudí sur l’île pendant dix ans, le modernisme n’aurait jamais triomphé aux îles Baléares.

Voici quelques exemples de ce type de constructions dans le centre-ville de Palma : les bâtiments de Can Roca, dans la rue Sant Nicolau, Can Casasayas sur la place Plaça del Mercat, le Gran Hotel et le Forn des Teatre sur la place voisine Plaça Weyler ou les magasins El Águila sur la place Plaça del Marqués del Palmer et Can Forteza Rey dans la rue Monges.

CINQ CHOSES INCONTOURNABLES À FAIRE À PALMA ET DANS SES ALENTOURS

  • Visiter la Palma gothique, avec halte obligatoire dans la cathédrale, la Lonja (les halles) et le palais de l’Almudaina.
  • Flâner dans le quartier historique et admirer les magnifiques patios des demeures seigneuriales traditionnelles.
  • Arpenter le marché del Olivar et y découvrir les produits typiques locaux.
  • Sillonner la Serra de Tramuntana en voiture ou à l’occasion d’une randonnée pédestre.
  • Découvrir des lieux sur les pas de la vie et l’œuvre de Ramon Llull, comme El Puig de Randa ou les monastères de Cura et La Real.